
25 années de courses et de randonnées, 2 marathons et demi et quelques semis, dont plusieurs Marseille-Cassis et toujours de nouveaux défis, des rêves à réaliser, des objectifs toujours un peu plus haut quel qu'en soit... le poids.
Marvejols-Mende, c'est un peu tout ça. Une des premières courses qui me fascinait déjà il y a 10 ans. Une quête, une de plus qui me ferait voir encore un plus loin... Et puis mon poids. Ma réalité, mon boulet !
« Cette course n'est pas pour toi » me disait une petite voix il y a encore quelques mois. Et puis des rencontres, des sportifs, des coaches, des hommes et des femmes... Raymond, 80 ans rencontré sur le marathon de New-York, un exemple de courage de joie de vivre.
« Alors ok, puisque c'est comme ça, on va le faire » m'a dit ma seconde petite voix. Et me voilà embarqué dans cette nouvelle épopée, avec un trac de débutant qui chausse ses premières baskets et se prépare à faire son premier cross du lycée.
Avoir perdu plus de 25 kilos depuis 2 ans ne suffirait pas à résoudre l'équation : « Distance + 2 cols à gravir + 2 cols à descendre = finir en bon état ». Avec le soutien de tout le team d'ESP consulting, j'ai travaillé dur pour franchir l'obstacle sans casse et heureux. Et me prouver que le mythe cévenol était à la portée de mes 130 kgs.
Me voilà donc parti au pays des loups du Gévaudan. La cérémonie de remise du dossard est toujours un moment de joie. Une éternelle première fois ! Je rejoins deux amis à proximité de Mende pour une pasta-party conviviale avec pour sujets de conversation la course, mais aussi l'UTMB, La Diagonale et j'en passe... De quoi s'endormir des rêves plein la tête.
Réveil 5h30 et déjà dans les starting-blocks. Un petit déj sportif et nous rejoignons les navettes à Mende qui emmènent les gladiateurs dans l'arène de Marvejols. J'arbore mon sourire béat. Je suis juste heureux d'être là et déjà concentré. Je suis dans ma course. Comme le skieur qui visualise ses virages les yeux clos avant de s'élancer dans la piste, je planifie déjà les endroits où je vais « accélérer », marcher et quelle sera ma cadence de descente pour éviter tout choc trop brutal dans les jambes. Je suis prêt, fin prêt.
4200 coureurs se massent dans la zone de départ. J'y croise Hélène, pensionnaire d'un club de renom marseillais que j'avais déjà vu à Septèmes. Quelques papotages et une grande clameur s'échappe dans le ciel lozérien. Il est 9h. C'est parti !
Je connais ma monture et profite des premiers hectomètres pour finir mon échauffement. Je déroule facilement sur le long faux-plat menant au pied du célèbre Goudard. Surtout ne pas s'emballer. Je reste au contact d'Hélène qui possède une belle allure avec la certitude que le dénivelé nous séparera... Je ris intérieurement : moitié de crainte, moitié de bonheur.
Au Pont des Ecureuils, Hélène, comme prévue tire sa révérence. Pas d'eau au ravito, je ne ralentis pas et attaque l'ascension... Et là : je ralentis ! On est dans le vif du sujet. « Ici commence l'enfer ». Le bitume s'est incliné de plusieurs degrés d'un seul coup. Je prends aussitôt ma nouvelle foulée, version « pas de fourmis assez rapide » avec une veille sur les battements de mon palpitant. Tout est ok, je suis lancé. Les hectomètres passent et les degrés augmentent. Je commence à voir autour de moi les coureurs devenir marcheurs. Je n'hésite pas, je marcherais donc.
Je me surprends à passer pas mal de participants. Je marche vite, plus vite que je ne cours finalement ! Seuls une bande de clowns et quelques coureurs me déposent littéralement pendant mon ascension. Et puis j'entends enfin la sono et vois le panneau Goudard. Première victoire. Quelques supporters sont dispersés et nous encouragent. Un cheval semble lui insensible à notre effort !
La descente est immédiate, abrupte et infiniment longue. Plus léger, je pourrais aller gratter le temps perdu sur la montée. La sagesse gagnée au fil des ans me rappelle mes blessures passées et le parcours restant à faire. Je pense à ma posture et me sert de mes cannes comme de véritables amortisseurs. La machine est en place.
L'ascension vers le village des Chabrits est plus facile. « On dirait la Gineste » pensais-je. Sauf qu'il y avait le Goudard avant... Un couple s'attarde et la compagne me demande si je suis bien le gars d'M6 machin qui a fait son Marathon de New-York truc... Je fais ma star et remercie cette très gentille coureuse pour ses encouragements. Je fais gaffe à mon souffle quand même. Au sommet, après ce charmant petit village qui précède la descente vers Mende, je lis 4 km sur un panneau. L'envie me taraude alors d'envoyer toutes mes forces dans la bataille. Là encore, je me souviens du dénivelé et de quelques bribes lues dans les forums. Le dernier kilomètre de montée dans Mende...
Je me cantonne donc à doubler les randonneurs (partis plus tôt je précise !). Le soleil commence à taper fort. Même pas peur. Comme on dit chez nous « On craint dégun ! ». Seul le coureur déguisé en cuistot tirant une remorque en forme de gâteau me fout carrément les boules. Tant pis. Je serais impassible. Je veux arriver au finish en courant. C'est mon unique désir et je concentre toute mon énergie et le peu de jus qu'il me reste pour « avaler » les derniers hectomètres dans la cité cévenole, encouragé par les nombreux coureurs qui ont sûrement terminé jusqu'à leur repas d'après-course. M'en fiche, je suis bien, je suis à bloc, je suis heureux !
Je passe la ligne sous les vivas des « kikous », venus soutenir les coureurs régionaux. Je suis épuisé, ému et complètement joyeux !
Le chrono ? Ah oui j'oubliais... j'ai omis de le déclencher !!! J'espérais ne pas dépasser 3h30. Je prends donc les 3h 04mn 52sec comme une victoire avec panache !
Voilà. Clap de fin sur un film bourré de belles images.
Et en tout cas, croyez-moi : Marvejols-Mende c'est vraiment du lourd, du très lourd !
Retrouvez notre chronique sur le Semi de Marvejols-Mende
Retrouvez la chronique de Yann sur sa rencontre avec Vincent
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vincevador
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12 commentaires Bas de page
- Lien du commentaire 25-07-2012 posté par fernand
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25-07-2012
posté par
Marie Courir Maigrir
Bravo ma star! quel beau récit et quelle course ! Tu es un champion ... Bientôt le semi de Paris ensemble !!
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25-07-2012
posté par
berny.ade
Encore Bravo Vincent.
J'ai bien aimé le "pas de fourmis assez rapide", j'aurais bien aimé que tu me montres ça lors de notre rencontre...lol
Comme quoi, la volonté est plus forte que beaucoup de choses.
Marie, nous serons 3 pour le semi, je serais de la partie... -
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25-07-2012
posté par
occitan12
Bravo Vincent tu as eu raison d'écouter ta deuxieme petite voix et tu as prouvé que tu étais capable d'aller au bout tu peux etre fier de toi.
J'espere que l'on auras l'occasion un jour de se rencontrer sur une course -
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25-07-2012
posté par
freerunner
Bravo Vincent
Belle stratégie de course
Tu as bien géré tous les éléments de la course -
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25-07-2012
posté par
vincevador
Merci à vous tous pour ces chaleureux commentaires.
Aucun doute que l'on se retrouvera un de ces quatre sur le macadam... -
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25-07-2012
posté par
joselito
Quel beau récit, l'envie, la joie, le bonheur , tout respire le respect, tu atteins tes espoirs haut la main et merci pour les fourmis!
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25-07-2012
posté par
le druide
Beau récit et belle course VINCENT et surtout beaucoup de volonté.
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28-07-2012
posté par
le septemois
Bonjour Vincent,
Félicitation pour ta performance et surtout ce que je connaissais pas pour ton talent du récit.
A ce rythme là je pense que cette année à Marseille/Cassis tu vas pulvériser ton record et que j'aurai du mal à finir avec toi...
Fier d'avoir un club de l'USCS un guerrier.
GG -
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29-07-2012
posté par
vincevador
GG himself ?
Ce blog n'est donc parcouru que par des cadors !
Tu as encore un peu de marge pour fin octobre, mais profites-en, ça va pas durer !!!! Merci Président et merci à Joselito et Le Druide pour leur gentil message. -
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31-07-2012
posté par
joselito
Profite un max de Marseille-Cassis, j'en ai un souvenir d'il y a 2 ans sous les trombes d'eau !! Super
Non, on n'est pas tous des cadors et c'est ce qui es formidable, tout le monde à son niveau partage sa passion, les nouveaux à l'avenir devant eux et snif les plus vieux qui rêvent encore de leur jeunesse ! N'écoute pas Fernand qui dit devenir vieux!!
Ce n'est pas un "type" sérieux HIHIHI !!! -
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31-07-2012
posté par
fernand
et si joselito , je deviens un vieux bientot V2
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Belle leçon pour ceux qui n'osent pas et ton récit pourrais en décider certains
BRAVO